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2 mars 2009

Venir au monde

Une semaine déjà. Ëlle était partie aux urgences pour une petite fuite, puis était rentrée chez eux. Rien de grave. Ëlle avait profité de l'après-midi, profité de son amoureux, et des derniers moments à deux qu'ils leur restaient. Le petit G. avait montré auparavant des signes de l'imminence de son arrivée, depuis le deux Février, et la perte du bouchon, chaque signe était examiné. Ils commençaient à se dire que ce bébé qui voulait venir en avance finirait bien par venir à l'heure à laquelle il était attendu, en Mars, à partir du douze, il aurait du retard.
Le petit G. avait dû profiter lui aussi de ce dernier après-midi en amoureux, à l'heure du goûter, les contractions commençaient, elles n'auront jamais été spontanées, venant toujours avec amour. Jusqu'à dix-neuf heures, son ventre lancinant lui disant que peut-être. Puis, les eaux. Les vraies, pas les trois gouttes pour lesquelles ëlle s'était inquiétée. Un départ calme pour la maternité, les affaires déjà prêtes dans la voiture. Pas de doute possible, il était l'heure. Le vingt-trois, ëlle aurait préféré vingt-quatre, c'était plus joli, ne pas chercher pourquoi, c'est ainsi. Ëlle pensait qu'ils exagéraient dans les films, avec la perte des eaux, qu'ils en faisaient trop. En fait non, ëlle était toute gênée d'inonder la salle d'attente. Même le drap plié placé sous ses fesses n'avait pas suffi bien longtemps, les eaux coulaient en filet, formant de petites flaques sur le sol. Col effacé mais pas suffisamment dilaté, la sage-femme lui avait conseillé d'aller visiter l'hôpital et de revenir une heure et demie après. Ëlle avait enfin réussi à joindre sa mère pour la prévenir de l'imminence de leurs changements d'état, mère et grand-mère, et avait appelé le père biologique pour lui annoncer qu'il devrait remettre son séjour breton à plus tard, il pourrait venir les voir le lendemain.
Il était déjà temps d'aller se changer, l'inondation se prolongeant. "Stupeur et tremblements", ce n'était pas les eaux qui avaient mouillé ses protections et son bas de pyjama, mais du sang, tellement de sang. Les choses se sont vite enchaînées à partir de là, un examen rapide, dilatée à 4 cm, puis le départ pour la salle de naissance. La si gentille sage-femme. La pose de péridurale qui se passe très mal, les larmes qui coulent en sentant l'aiguille gratter ses vertèbres, à la cinquième reprise, l'envie intense de remercier le monsieur et de supporter les contractions comme sa mère et toutes celles qui les ont précédées l'ont fait auparavant. Le vingt-quatre était arrivé. L'envie immense de marcher et de boire. Le premier malaise. Le deuxième. Césarienne. Placenta praevia de dernière minute. Monsieur V. pourra être à ses côtés, ëlle est rassurée. Le bloc. Les anesthésiants passés via la péridurale qui ne la soulagent pas. Anesthésie générale. Les larmes qui coulent, et le regret stupide et tellement déchirant de n'avoir pu l'embrasser une dernière fois, si jamais. Le masque, "respirez trois fois"...

Le brancard, les idées pas claires, le bébé qu'on lui dépose sur la poitrine. Les larmes à nouveau, mais de joie mêlée à la fatigue, au trop plein d'émotions qui l'ont submergée ces dernières heures. Son amoureux au dessus d'ëlle. La salle de réveil. La si gentille infirmière, les idées toujours pas très claires, mais le souvenir que ces femmes ont été extraordinaires avec ëlle. Les vérifications. La sage-femme qui vient lui présenter son bébé juste avant de quitter sa garde, tant pis si on réveille l'autre patiente la salle, elle tenait à ce qu'ëlle voit son enfant.

Tout ne s'est pas déroulé comme ëlle le souhaitait, mais ils étaient en vie, bien en vie tous les deux, les émotions sont encore un peu à fleur de peau, mais ëlle est heureuse, tellement heureuse, et reconnaissante de l'attention qu'ëlle a reçue, de la part de l'équipe, mais aussi de Monsieur V. qui a été présent malgré la délicatesse de la situation, ses propres peurs, mais qui a su s'occuper de leur enfant pendant qu'ëlle ne pouvait le faire, lui offrir son amour, tout l'amour qu'il avait pour l'aider à venir au monde.

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Commentaires
L
Eh bien dis-donc tu es passée par beaucoup d'épreuves... mais cette grossesse arrivée à son terme devrait augurer de magnifiques moments d'apaisement maintenant, et de tendresse surtout.<br /> Pensez bien à vous, profitez les uns des autres, ton petit Gabriel a l'air si calme et si serein.<br /> Je vous fais plein de bisous, ton petit paquet est parti aujourd'hui.
E
effectivement, ce fut douloureux, stressant, mais comme tu dis le principal c'est que vous allez bien tous les 2... A toi maintenant les moments que seule une mère peut ressentir... Je t'embrasse.
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