Lundi matin, je m'en irai par monts et par vaux. Je passerai certainement par Paris, comme je vais le faire pendant un mois et j'espère plus. Il sera tôt.
Lundi matin, je mettrai mon pantalon noir et mon chemisier blanc. Je porterai aussi ma veste noire, histoire de ne pas l'avoir achetée pour la porter deux jours uniquement.
Je me serai coiffée, et un peu maquillée, une touche de mascara, et un trait de crayon vert sous mes yeux bleus. Je me parfumerai, avec ma petite eau qui sent la violette, et la légèreté du printemps. Je glisserai à mon doigt la bague de Monsieur V. ,celle qui attendait depuis longtemps dans son porte-monnaie qu'il trouve une jeune femme enceinte à qui la lui glisser.
Lundi matin, mon fils sera au chaud dans les bras de Morphée, chez sa grand-mère, en vacances seul pour la première fois. Il me manquera certainement, et j'aurai une photo sur moi pour montrer mon tout petit à mes collègues.
Car, lundi matin, pour la première fois depuis près de trois ans, je m'en irai travailler, ramener un salaire, pas des indemnisations de stage. Rien de glorieux ou de glamour, lundi matin, je m'en irai à Auchan, dans les Hauts de Seine, faire de la caisse et reprendre une vie sociale.
J'ai tellement hâte. Nous allons pouvoir faire une demande d'appartement. Nous allons pouvoir envisager l'avenir le coeur un peu plus léger. Nous allons vivre.