Mercredi soir, alors qu'ëlle surfait sur son site favori, se hasardant à aller voir ce que la capitale lui proposait comme travail, ëlle a cliqué sans trop d'espoir sur une annonce, et quelle ne fut pas sa surprise de voir que l'annonce concernait un petit magasin parisien, dont ëlle avait parcouru la boutique en ligne au moment où ëlle cherchait un tee-shirt Bobo Choses pour Gabriel. Ce fût un immense enthousiasme, ëlle se précipita pour l'annoncer à Fée Josy, puis entreprit d'écrire sa lettre. Un exercice laborieux, car, si écrire pour postuler à endroit où l'on ne connaît personne, rien hormis l'enseigne pour laquelle on postule ce n'est pas trop dur, là, c'était l'envie d'écrire une lettre de motivation qui aurait fait des lignes et des lignes et des lignes et... Ëlle ne pense pas avoir laissé de commentaire sur le blog de la dame en question, juste sauvegardé quelques photos qui lui plaisaient, de ce petit univers qu'ëlle aimerait tant pouvoir créer pour Gabriel. Il lui a fallu un peu plus d'une heure pour écrire cette lettre, sans trop s'étaler, car, quelque part, ëlle se sent proche de cette femme, et ëlle aurait bien envie de lui parler de mille et une choses, choisissant ses mots, évitant les doublons, les phrases à la Proust (une phrase contenait plus de 80 mots...)... Fée Josy était restée là, pour donner son approbation, lui dire si sa lettre était trop pathétique ou non, si, éventuellement, on pourrait avoir envie de la rencontrer pour lui poser des questions.
Donc, depuis mercredi soir, dès qu'ëlle se pose sur le pc, ëlle vérifie si ëlle a reçu une réponse, un accusé de réception (ça existe sous gmail ça???), ëlle aimerait tant. Ce même jour, ëlle était montée sur Paris pour un entretien qui ne lui laissait présager rien de bon (porte à porte, pas de fixe, timide, en gros, ce n'est pas possible pour ëlle), mais ëlle en avait profité un peu pour flâner dans la capitale, rentrer un peu fatiguée chez ëlle, mais contente de retrouver ses hommes. Là, cet emploi pour lequel ëlle espère, les trajets dans le RER ne l'impressionnent pas, ëlle sait déjà qu'ëlle aurait le coeur léger d'y aller, s'imaginant lisant, brodant, crochetant bercée par le roulis du train. Depuis deux jours, ëlle s'amuse, s'entraîne à se faire jolie, à retrouver une condition de femme (il faut bien l'avouer, ëlle est plus une mère qu'une femme au foyer, les étapes maquillage et séchage des cheveux en bonne et due forme -ëlle ne parle même pas de l'épilation...- sont plutôt zappées quand on reste at home à longueur de temps).
Comme ëlle sait qu'ëlle ne vit pas dans un monde de bisounours, jeudi soir, ëlle a déposé chez le géant du jouet un cv et une lettre de motivation pondue en cinq minutes à peine, alors qu'il lui avait fallu plus d'une heure pour en écrire une autre la veille, et ëlle repassera par là-bas déposer une lettre chez les mousquetaires, car tout glamour que cela n'est pas, il lui faut ramener des picaillons à la maison, puis sortir un peu de chez ëlle, pour mieux retrouver son fils, et son homme qui rentrera lui aussi.
Car, en petite parenthèse, Monsieur V., après avoir été officiellement licencié début Septembre (ô joie intense, finie la période "le cul entre deux chaises -désolée, ëlle ne trouve pas d'autre expression pour la délicate situation dans laquelle il était-), Monsieur V. a rebondi et bien, il commençait aujourd'hui une formation de trois mois avant de commencer une toute nouvelle carrière en Janvier prochain), ëlle est fière de lui et de sa persévérance.
Bref, ëlle a hâte, vraiment très hâte de voir dans sa boîte mail, un tout petit mail, ou de recevoir un appel lui demandant de venir pour en savoir plus. En attendant, ëlle rêve, et caresse son petit espoir, même mince.

P.S: croisez les doigts pour ëlle.