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Lundi aura été source de moult émotions pour ëlle. Le matin, le petit Gabriel avait rendez-vous à la PMI pour un rappel. Ëlle a parlé des vomissements fréquents de son fils après les biberons, puis s'en sont suivies des choses étranges et inquiétantes, courbe du périmètre crânien qui décroche pour en suivre une autre, appel à un neuro-pédiatre, ordonnance pour une échographie transfontanellaire si les vomissements sont toujours là vendredi, un peu angoissant... puis un patch mal mis, la pédiatre qui pique et un petit garçon inconsolable, la première fois que le petit homme pleure si fort et si longtemps, de grosses larmes, c'en était trop pour ëlle avec les mots employés juste avant, les larmes ont coulé, ëlle était désemparée de voir son petit si mal.
En rentrant, ëlle a discuté de ce qu'avait dit la pédiatre avec Monsieur V., à qui tout cela a paru un peu étrange, puis, ëlle a ouvert le carnet de santé de son fils pour regarder cette fameuse courbe, et a été un peu soulagée de voir que la tête de son petit se développait bien, que la courbe du périmètre crânien rejoiganit les deux autres, sur la courbe supérieure, ëlle ne fait pas partie du coprs médical, mais le développement de Gabriel lui semble harmonieux, enfin, les courbes le sont, juste les trop rares mesures de sa petite tête qui ont peut-être un peu faussé les résultats précédents.
Peu après être rentrés, ils sont allés chercher des poissons pour peupler le bassin offert pour les vingt-neuf ans de Monsieur V., et dans la voiture, au retour, ëlle lui a dit de ne pas s'inquiéter, qu'ëlle allait pleurer, qu'il lui fallait évacuer le stress ressenti ce matin, entre le diagnostic farfelu et les grosses larmes de son petit, ëlle avait besoin de faire "redescendre le soufflé"... Il lui a caressé la tête, pris la main, et ëlle a pu laisser partir ses sanglots de petite fille. Ces dernières semaines étaient un peu éprouvantes pour ëlle, une mauvaise nouvelle fin Juin avec une remise en question de leur avenir ici qui s'est finalement soldé de façon positive (enfin, c'est ce que l'issue du rendez-vous l'a laissée croire), une lettre reçue de l'hôpital qui lui demandait de prendre rendez-vous pour une colposcopie et l'examen qui s'en suivit, accompagné d'une biopsie (bien que le médecin lui ait dit qu'ëlle pouvait passer des vacances tranquilles, il y a des mots comme ça qui sont un peu effrayants en eux-mêmes), puis l'inquiétude pour son fils, tout ça mêlé à la fatigue, aux week-ends sur deux où ils campent dans le salon pour laisser la chambre à la petit K. ... bref, il lui fallait évacuer ce trop-plein d'émotions.
En rentrant, ëlle est allée chercher le médicament antivomitif, et en a profité pour demander son avis à la pharmacienne, qui l'a rassurée, jamais entendu de ce rapport de cause à effet, et de la tendance des médecins à tout vouloir classifier, chercher des explications pour "faire rentrer dans les cases"... En conclusion, ils retourneront voir leur pédiatre bobo-chic en centre-ville, quitte à devoir avancer les frais, ëlle sait que la dame de la PMI a elle aussi fait de longues études, mais la pédiatre aux baskets et aux lunettes peu ordinaires ne l'a pas effrayée, juste proposé une petite méningite quand ëlle lui avait fait part de ses doutes quant à la vaccination...
Le soir venu, ils ont décidé d'aller voir le feu d'artifice, donné sur la Seine, ils ont couvert le petit G., installé la chancelière sur la poussette et ils sont partis. Ëlle craignait que Gabriel ait peur du bruit, il n'a pas pipé mot, ëlle a juste remonté la capuche et le lange afin qu'ils protègent les petites oreilles. Le feu était joli, la sortie leur a plu, et les émotions de la journée se sont évanouies commes les lumières éphémères de la soirée. Ils s'en allaient lorsqu'ils ont vu un gros chien essayer de renifler une boule sombre sur la route, en s'approchant, ils ont vu que c'était un bébé merle, tout déboussolé par les nombreux spectateurs et peut-être le bruit trop fort, promis à une mort certaine, sur la route il allait se faire piétiner par les centaines de personnes qui rentraient chez elles, ils ont pris la décision de le ramener, ëlle lui a fait une cage de ses mains, et ils sont repartis chez eux avec le nouveau locataire provisoire. Depuis lundi, le petit merle va bien, il mange à la becquée et volette dans le jardin, sans se concerter lundi soir, ils avaient tous les deux pensé à le nommer Fête Nat'.

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