Au présent composé

Au fil des jours, conjuguer le bonheur au pluriel...

12 novembre 2009

Grand

Hier soir, ëlle a débarrassé le lit de ses peluches, a ôté le matelas, et mis de côté le sommier. Ëlle s'est armé d'un tournevis, et ëlle a démonté les deux planches qui retiennent le sommier. Pas de doute, Gabriel quitte son statut de tout petit bébé, voilà quelques jours déjà qu'il se met debout tout seul dans le lit, et, à présent, le petit Monsieur s'amuse à passer d'un côté à l'autre du lit en se maintenant au rebord. Afin de ne pas le retrouver à même le sol dans les prochains jours, ëlle a enfin baissé le sommier. Ëlle est fière de voir son tout petit faire ses premiers pas chassés, de le voir apprécier la station debout au point de la rendre un peu folle quand c'est l'heure de faire la sieste. Chez le docteur samedi dernier, avec ses mesures de médecin de campagne (à vérifier un peu tout de même) Gabriel affichait 74,5 cm et 10 kg. Chaque jour un peu plus, Gabriel devient grand.

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Comme les planches, tournevis et autres boulons ne sont pas bien intéressants, voici son petit Inuit revenant de promenade lundi soir.

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01 novembre 2009

Hauts les seins!



Ëlle est plutôt du genre à laisser traîner les choses, remettre au lendemain ce qui pourrait être fait le jour même. Jusqu'à sa grossesse, ëlle se fichait un peu du suivi médical, n'étant jamais malade, ëlle ne voyait pas l'intérêt d'aller chez le médecin. Quand ëlle vivait à Tours, ëlle avait une chouette médecin généraliste, qui s'occupait un peu des choses de femmes, et qui lui a proposé de regarder si tout allait bien au niveau de la poitrine et de faire son premier frottis. Après, le docteur, malade, a pris sa retraite, et ëlle n'a plus refait cela. Au contrôle suivant la naissance de Gabriel, ëlle a refait cet examen-là, et un autre, un peu plus bas. Alors, pour le moment, le cancer du sein ne la touche pas, ëlle ne connaît pas de cas dans ses proches, mais on lui a détecté des cellules précancéreuses au col, cela a été soigné, mais ëlle ne peut qu'approuver l'action mise en route par ses "consoeurs". Alors, cela prend un tout petit peu de temps (certainement moins que le temps passé quotidiennement à bloguer), cela peut vous paraître ennuyant, ça n'arrive qu'aux autres, mais ces petits examens-là peuvent vous sauver la vie.

Ëlle applaudit le projet, et congratule ses consoeurs pour leur entreprise, qu'il fallait oser, ëlle serait presque prête à en faire partie.

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31 octobre 2009

Mince

Mercredi soir, alors qu'ëlle surfait sur son site favori, se hasardant à aller voir ce que la capitale lui proposait comme travail, ëlle a cliqué sans trop d'espoir sur une annonce, et quelle ne fut pas sa surprise de voir que l'annonce concernait un petit magasin parisien, dont ëlle avait parcouru la boutique en ligne au moment où ëlle cherchait un tee-shirt Bobo Choses pour Gabriel. Ce fût un immense enthousiasme, ëlle se précipita pour l'annoncer à Fée Josy, puis entreprit d'écrire sa lettre. Un exercice laborieux, car, si écrire pour postuler à endroit où l'on ne connaît personne, rien hormis l'enseigne pour laquelle on postule ce n'est pas trop dur, là, c'était l'envie d'écrire une lettre de motivation qui aurait fait des lignes et des lignes et des lignes et... Ëlle ne pense pas avoir laissé de commentaire sur le blog de la dame en question, juste sauvegardé quelques photos qui lui plaisaient, de ce petit univers qu'ëlle aimerait tant pouvoir créer pour Gabriel. Il lui a fallu un peu plus d'une heure pour écrire cette lettre, sans trop s'étaler, car, quelque part, ëlle se sent proche de cette femme, et ëlle aurait bien envie de lui parler de mille et une choses, choisissant ses mots, évitant les doublons, les phrases à la Proust (une phrase contenait plus de 80 mots...)... Fée Josy était restée là, pour donner son approbation, lui dire si sa lettre était trop pathétique ou non, si, éventuellement, on pourrait avoir envie de la rencontrer pour lui poser des questions.
Donc, depuis mercredi soir, dès qu'ëlle se pose sur le pc, ëlle vérifie si ëlle a reçu une réponse, un accusé de réception (ça existe sous gmail ça???), ëlle aimerait tant. Ce même jour, ëlle était montée sur Paris pour un entretien qui ne lui laissait présager rien de bon (porte à porte, pas de fixe, timide, en gros, ce n'est pas possible pour ëlle), mais ëlle en avait profité un peu pour flâner dans la capitale, rentrer un peu fatiguée chez ëlle, mais contente de retrouver ses hommes. Là, cet emploi pour lequel ëlle espère, les trajets dans le RER ne l'impressionnent pas, ëlle sait déjà qu'ëlle aurait le coeur léger d'y aller, s'imaginant lisant, brodant, crochetant bercée par le roulis du train. Depuis deux jours, ëlle s'amuse, s'entraîne à se faire jolie, à retrouver une condition de femme (il faut bien l'avouer, ëlle est plus une mère qu'une femme au foyer, les étapes maquillage et séchage des cheveux en bonne et due forme -ëlle ne parle même pas de l'épilation...- sont plutôt zappées quand on reste at home à longueur de temps).
Comme ëlle sait qu'ëlle ne vit pas dans un monde de bisounours, jeudi soir, ëlle a déposé chez le géant du jouet un cv et une lettre de motivation pondue en cinq minutes à peine, alors qu'il lui avait fallu plus d'une heure pour en écrire une autre la veille, et ëlle repassera par là-bas déposer une lettre chez les mousquetaires, car tout glamour que cela n'est pas, il lui faut ramener des picaillons à la maison, puis sortir un peu de chez ëlle, pour mieux retrouver son fils, et son homme qui rentrera lui aussi.
Car, en petite parenthèse, Monsieur V., après avoir été officiellement licencié début Septembre (ô joie intense, finie la période "le cul entre deux chaises -désolée, ëlle ne trouve pas d'autre expression pour la délicate situation dans laquelle il était-), Monsieur V. a rebondi et bien, il commençait aujourd'hui une formation de trois mois avant de commencer une toute nouvelle carrière en Janvier prochain), ëlle est fière de lui et de sa persévérance.
Bref, ëlle a hâte, vraiment très hâte de voir dans sa boîte mail, un tout petit mail, ou de recevoir un appel lui demandant de venir pour en savoir plus. En attendant, ëlle rêve, et caresse son petit espoir, même mince.

P.S: croisez les doigts pour ëlle.

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22 octobre 2009

Malade

Il lui faudrait préparer le biberon. En attendant qu'il chauffe, ëlle installerait le petit garçon sur la table à langer, prête à le torturer un peu, le mouche-bébé dégainé plus vite que son ombre, et la contension qu'ëlle doit effectuer pour lui déboucher le nez, si obstrué, il n'aime pas ça, ça non, il n'aime pas du tout. Les secondes lui paraissent alors des heures, une fois son maigre et dégoûtant butin retiré, il lui faut passer à la phase deux de la torture, nettoyer à l'eau de mer. Ëlle a une étrange coutume, ëlle goûte ce qu'ëlle fait aux autres, donc, ëlle a essayé le spray, (comme ëlle a goûté aux croquettes qu'ëlle donne chaque jour ( les donne, hein, ëlle ne les goûte pas chaque jour), comme ëlle goûte chaque chose qu'ëlle donne à son fils, médicament, lait ou petit pot) sentant la gêne dans le nez, puis l'eau de mer qui coule dans la gorge, ëlle comprend que son bébé n'aime pas. Puis une dernière, les gouttes qui désinfectent. C'est un combat qui lui est difficile, surtout qu'ëlle est la seule à s'y atteler, tortionnaire de son petit. Depuis dimanche, Gabriel ne va pas bien. Ils ont vu la pédiatre lundi, et y retourneront demain. Ëlle se demande si une troisième dent n'est pas de la partie aussi, plus on est de fous plus on rit. Alors qu'ëlle vous écrit, le petit bébé de presque huit mois vient de se mettre debout dans son lit, seul, sans aide parentale. Ëlle en est tout impressionnée, alors qu'il n'est pas bien, Gabriel fait tout de même des progrès.
Il lui faudrait préparer le biberon, et mener son combat, tant de premières fois en ce moment, ëlle s'en va s'occuper tout fièrement de son si fort petit malade.

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08 octobre 2009

Little Léon

En fin de semaine dernière, ëlle a commandé le premier cadeau de Noël de Monsieur Gabriel, il fallait qu'ëlle se rattrape. Elle a cherché sur Google, tout en sachant pertinemment ce qu'ëlle voulait, voilà plus de deux ans qu'ils lui faisaient de l'oeil, à présent, ëlle avait une raison de les acheter. Alors, ëlle a trouvé un petit magasin tout mignon en Savoie, qui les vendait, ainsi que les petits maillots qui lui plaisent tant en ce moment. Un envoi rapide, soigné et une dame de l'autre côté de l'ordinateur à l'écoute et sympathique, à présent, il va lui falloir attendre Noël pour jouer avec, pardon, pour voir Gabriel jouer avec.

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Photo piquée sur le blog du magasin (je ne pense pas qu'elle m'en voudra), plus parlante que les cubes encore dans leur carton sur le tabouret de la cuisine.

Merci Little Léon!

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05 octobre 2009

HSE Acte II, Scène 2

Petit week-end à la campagne, chez ses grands parents, les premières intimidations dues à la grosse voix de bon-papa, et donc, les premiers câlins, tête peu chevelue tout contre la poitrine de ses parents à se demander s'il doit craindre le monsieur grincheux ou s'il peut lui sourire. Dernière pause dans le jardin avant de longs mois, première rencontre avec un monstre à huit pattes tout droit issu des réacteurs de la centrale nucléaire de D. dans les cheveux de maman alors qu'ëlle porte le petit G... (ëlle espère que le monstre ne l'a pas suivie dans ses bagages, ëlle dit bonjour tous les jours à Renée l'Araignée jaune et orange rayée, mais Renée, c'est un poids plume comparée à la mygale campagnarde...). Quelques affaires de son ancienne vie remontées, un trajet agréable, en mesurant pour la première fois la distance qui les séparerait de la petite K. s'ils décidaient de quitter leur petite ville de banlieue, une heure en roulant bien, ce n'est pas si loin... Un doux week-end, les premiers frimas de l'automne, et un coeur "rechargé" pour les prochains jours.

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Photo la "moins pire" des quarante prises à l'instant, aucune photo n'ayant été prise lors de ce périple familial. Petit bébé toujours aussi adorable, ça ne se voit pas, mais leur petit Gabriel a percé une dent le week-end dernier sans rien dire, Maman s'en est rendu compte lundi, lorsque, au cours de ses diverses expériences sur l'évolution des matières en milieu humide, le petit G. a gobé le nez de sa mère "oh, mais! qu'est ce que c'est?!?". Gabriel pousse comme un champignon, 70.5 cm et 9.3 kg un peu avant ses 7 mois...

P.S: depuis hier, ëlle n'a de cesse d'observer la mèche de cheveux qui repose sur son épaule droite, voir si Martha, l'araignée-anaconda ne s'y camoufle pas.

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03 octobre 2009

Vanille, cheveux bruns et yeux marrons

Cela fait des semaines à présent, qu'ëlle prépare ça, qu'ëlle ne pense qu'à ça. Obnubilée.

Il y avait eu le petit concours,et la merveilleuse chance qu'il offrait, mais ëlle n'avait pas été retenue, ëlle s'était dit qu'ëlle se retrancherait sur la prochaine prise de commandes.

Durant tout Septembre, ëlle avait jonglé avec le budget pour laisser de quoi commettre cette douce petite folie, attendant la moitié du mois avec fébrilité, puis avait attendu ce premier Octobre comme le messie.

Hier soir, ëlle avait demandé à Fée Joséphine de se créer un compte, au cas où le serveur planterait ici. Elles avaient rendez-vous à vingt heures. Beaucoup de minutes avant d'accéder à la page tant espérée. Il y a eu une erreur sur les prix annoncés, tant et si bien que les sous qu'ëlle avait laissés sur son compte ne correspondaient plus à ce qu'il fallait. Faire marche arrière, et commander la petite poupée qui alors rentrait dans son budget, valider sa commande, et le site lui disait qu'il n'y avait plus de poupée vanille en stock. Réactualisation, il ne restait que des chocolats. Le temps de faire sa commande, les chocolats aussi s'étaient envolées. Il était vingt heures quatorze quand tous les petits projets, quand tous les sourires de la petite K. qu'ëlle avait imaginés se sont évaporés. Jours après jours, ëlle avait fait ses petits plans, projetés les petits habits en double, pour sa poupée, et pour celle qu'ëlle espérait pour sa petite belle-fille. Ëlle les aurait offerts à Noël, celui qu'ils n'auraient pas passé ensemble cette année, lors d'un repas chez sa mère ou chez les grands-mères paternelles.

Depuis de longs mois, ëlle s'était consitué un "catalogue" de toutes ces petites merveilles de laine et de coton, des centaines de photos glanées ça et là, tantôt sur le petit carnet, tantôt sur les différents blogs de leurs heureuses propriétaires, où sur le site du fabuleux petit échange; ëlle avait feuilleté cet album virtuel des dizaines de fois, et à chaque week-end avec la petite K., ëlle lui demandait si elle voulait regarder les "Pénélope", alors, toutes les deux assises sur le même fauteuil se délectaient de ces jolis minois, dressant la liste des soeurs de Pénélope possibles, et aussi de tous les petits ouvrages qu'il lui faudrait confectionner.

Ëlle sait que c'est un peu futile de la part d'une adulte, de se sentir frustrée comme ça pour une poupée,  surtout qu'ëlle a la chance de déjà posséder un de ces petits trésors. Mais sa vie actuellement ne lui permet pas grands plaisirs, comme le petit Gabriel ne comprendrait pas grand chose de ce que serait Noël, ëlle avait rêvé pendant ces longues semaines aux yeux qui brillent et au sourire qu'aurait la petite K., découvrant la petite poupée qu'elles avaient tant espérée, portrait de sa petite propriétaire, douce petite soeur à son effigie, vanille, cheveux bruns et yeux marrons.

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Petite merveille "collectionnée" ici et à retrouver aussi.

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21 septembre 2009

HSE Acte II, Scène 1

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Beaucoup de sourires ce soir, mais toutes celles où il sourit "de toutes ses dents" (tout entre vous et ëlle aucune) sont toutes floues!

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09 septembre 2009

Il était une fois

Au début du mois d'Août, toute émoustillée par cette annonce, sön cerveau avait bouillonné d'idées. Un petit peu de couture pour le décor, un petit chaperon cousu pour Pénélope, ëlle avait embarqué fils, théatre, poupée, furette, champignons, reflex et amoureux dans la forêt de S. pour aller faire de jolies photos et tenter sä chance au petit concours. Ëlle espérait rentrer dans les trois premières, et recevoir une des si merveilleuses primes, pour la petite K. Ëlle y avait cru un peu, les photos étaient à rendre le jour de l'anniversaire de sä Maman et le jury délibérait le jour de leur anniversaire, à eux deux; ëlle s'est plue, jusqu'à ce que les premières photos soient mises en ligne, à croire qu'il s'agissait là d'un signe. Ce ne fut pas le cas, ëlle ne saura même pas si sës photos auront un minimum interpellé le jury, mais ëlle se sera amusée à créer pour ce concours, et aura apprécié la balade en forêt qui leur a changé les idées à un moment de l'été où les choses n'allaient pas forcément bien. Photographies prises pour le concours "Il était une fois".

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Il__tait_une_fois_IIIl__tait_une_fois_IIIIl__tait_une_fois_IV

Forêt de S., petit théâtre de Anaïs Massinipour le Happy Doll Swap deuxième édition imprimé qualité photo sur du papier vergé , tissu lie de vin La Maison d'Ursule, drap ancien blanc et boutons de nacre chinés, furette de seconde main adorable.

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05 septembre 2009

Repaire

Comme sur de nombreux autres blogs, il y aura ici aussi un article sur le début de Septembre. Sa dernière rentrée, ëlle l'a effectuée en 2005, troisième première année de fac (levant les yeux au ciel), et déjà trois longues années de plus que ses "petits" camarades, le fossé est déjà grand... pour un peu, ëlle serait peut-être en stage via l'IUFM cette année, mais les choses sont ce qu'elles sont. Hier, c'était la rentrée de la Petite K.
L'an passé, ëlle aurait pu se soucier davantage de l'entrée au CP de la petite fille, connaissant son existence, elles ne s'étaient pas encore rencontrées, et n'avaient pas encore pour l'une l'autre, l'affection qui les lie à présent.
Ils n'avaient pas vu la petite K. depuis fin Juillet, où ils l'avaient déposée chez Mamie M. pour des vacances à la mer, ses premières vacances avec sa grand-mère maternelle, malgré les grandes réticences infondées de sa mère. Après, la seconde grand-mère avait posé ses vacances pour avoir sa petite-fille, et eux s'étaient vu privés de sa présence un peu plus d'un long mois. Sön petit coeur avait hâte de retrouver la petite fille, de lui dire ô combien elle leur avait manqué, de la joie intense de se recréer en famille, à quatre, ils étaient une famille, une vraie de vraie. Assis sur sës genoux, le tout petit Gabriel, en voyant sa grande soeur s'approcher de lui s'était penché en avant et avait tendu les bras vers elle; durant le voyage, il n'avait eu d'yeux que pour cette grande soeur à la peau toute dorée, à n'en pas douter, ldu haut de ses six mois, le petit G. était bien heureux de la retrouver, comme ses parents. Elle resterait avec eux, puis ils la ramèneraient (rendraient) la veille au soir de la rentrée.
Le mardi soir, alors qu'ils discutaient de choses et d'autres avec la petite fille, ils ont appris "subitement" (?) que la petite fille avait déménagé. Et aussi, qu'elle changeait d'école. Pour la deuxième fois en deux ans. Ëlle en a été abasourdie, comment peut-on juger bon de ne pas en parler au papa, ne pas juger bon de l'informer de changements aussi grands pour la vie de leur fille? Mardi soir, ëlle était en colère. Et elle avait beaucoup de peine pour la petite fille, en quelques mois, l'homme qui avait servi de père de substitution avait été éjecté de sa vie, un autre était venu le remplacer, elle changeait d'appartement une fois de plus, et perdait ses amis, sans avoir pu leur dire au revoir, puisque tout cela s'était fait en douce, sans même la consulter, tant de repères/repaires dans la vie d'une petite fille de sept ans chamboulés. En rentrant, ils avaient tous les deux une boule au ventre et à la gorge en pensant à la petite fille qui effectuerait sa rentrée le lendemain matin, au milieu d'enfants qu'elle ne connaissait pas, elle qui avait déjà beaucoup de mal à aller vers les autres.
Petite, ëlle adorait la rentrée, le changement du temps, l'annonce d'une nouvelle année, de nouvelles découvertes, la tenue prête sur la chaise de son bureau, seule fois de toute l'année où ëlle préparait ses affaires à l'avance. Ëlle était contente de retrouver ses camarades, d'ailleurs, ëlle n'attendait que ça. Quand ëlle avait changé d'école, ça avait été un peu dur, mais ëlle y avait été préparée, les derniers mois de l'année l'avait aidée à "faire son deuil", passé le fait qu'on l'a regardé un peu bizarrement les premiers jours, ëlle s'était fait des copains. A l'arrivée au lycée, cela avait été un peu plus dur, car les amitiés de ces années de grands changements ont tout de même une sacrée importance. Mais ëlle savait où ëlle allait, une fois de plus ëlle y était préparée.
Ëlle se demande quels souvenirs conservera la petite K. de ces rentrées-là. Ëlle espère qu'il n'y aura plus de changements jusqu'au collège, mais ëlle doute fort.
En attendant, ëlle se plaît à croire, que, contrairement à la vie en château de carte qu'elle a en ce moment du côté de sa maman, qu'ici, quand elle les rejoint le week-end, malgré l'appartement trop petit, le lit qu'ils lui cèdent et le camping qu'ils font dans le salon pour lui assurer de douces nuits, les jouets qu'on peut difficilement étaler, avec l'amour qu'ils ont tous les quatre, qu'un week-end sur deux, elle puisse se construire et se lover dans ce si petit repaire.

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